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Nonprofits & Public Institutions
Rapport

Institutions publiques et organisations à but non lucratif — Rendre la valeur visible pour préserver les moyens d’agir

La réalité du marché

Des organisations indispensables aux moyens limités

Les organisations à but non lucratif et les institutions publiques emploient des millions de personnes, maintiennent le tissu social et délivrent des services dont les collectivités dépendent dans leurs moments les plus vulnérables. Aux États-Unis, à lui seul, le secteur contribue à hauteur de 1400 milliards de dollars à l'économie et emploie plus de 10 % de la main-d'œuvre privée. 

Pourtant, elles restent traitées dans les débats budgétaires comme un “bonus”, sujettes à la charité discrétionnaire, alors qu’elles sont essentielles au paysage socio-économique. 

Ce décalage a un impact sérieux : 36 % des organisations américaines ont terminé 2025 avec un déficit opérationnel, le taux le plus élevé en dix ans, une tendance également observée en Europe.

Un décalage structurel entre la valeur produite et sa reconnaissance budgétaire

La recherche de faibles coûts de structure a limité les investissements dans les outils permettant de mesurer et de démontrer la valeur créée. 

Beaucoup d’organisations disposent de données sur leurs activités, mais pas toujours des systèmes nécessaires pour les convertir en preuves tangibles — emplois soutenus, salaires versés, retombées fiscales générées. 

Faute de pouvoir présenter ces éléments dans des formats directement exploitables par les décideurs, elles sont désavantagées dans les arbitrages budgétaires face à des organisations capables d’étayer plus clairement leurs résultats et leur contribution.

Plus de la moitié des organisations américaines disposent de trois mois ou moins de réserves de trésorerie, tandis que 90 % des dirigeants disent craindre le risque croissant de burnout des équipes. Le cercle est vicieux : moins de ressources, moins de capacité à produire des preuves, moins de financement, et un secteur sous tension.

Nous avons relevé trois problématiques récurrentes : des discours encore largement centrés sur la mission et l’urgence des besoins, sans rendre suffisamment visible la contribution socio-économique de l’organisation ; des parcours de service fragmentés, reflet de programmes organisés en silos qui obligent les bénéficiaires à répéter leur situation d’un point de contact à l’autre ; et des systèmes de données trop dispersés pour mesurer et partager efficacement les résultats obtenus.

Chez AREA 17, nous abordons ces enjeux à travers trois dimensions complémentaires : la manière dont l’organisation affirme son rôle et démontre sa valeur, l’expérience proposée aux personnes qu’elle accompagne à travers ses différents points de contact, et les fondations technologiques et organisationnelles qui permettent de mieux relier services, données et résultats.

Ancrer le discours dans la contribution socio-économique

Quand les ressources se contractent, la mission seule ne suffit plus à garantir la priorité budgétaire. Les organisations doivent aussi être capables d’exprimer clairement ce qu’elles apportent à l’économie, aux territoires et aux communautés qu’elles servent.

Cela suppose de faire évoluer le discours : ne plus seulement parler des besoins auxquels elles répondent, mais aussi des résultats produits, de la valeur publique créée et des effets concrets de leur action. 

Les organisations déplacent alors la conversation : elles ne défendent plus seulement une mission ou un besoin de financement, mais la valeur publique et socio-économique qu’elles génèrent.

Cet enjeu est d’autant plus important que l’accès aux financements reste inégal. Aux États-Unis, 71 % des organisations dirigées par des personnes de couleur ont été affectées par des restrictions de financement, contre 57 % des organisations à direction blanche.

Les attentes des donateurs évoluent elles aussi. Les plus jeunes attendent davantage de preuves sur les effets de leurs dons : résultats mesurables, transparence sur l’usage des fonds et cohérence entre engagements et pratiques. 

Rendre l’impact visible devient ainsi un levier de confiance autant qu’un levier de financement.

À retenir

Faire évoluer le discours de la seule mission vers une démonstration claire de la contribution créée devient essentiel pour convaincre les financeurs, éclairer les décideurs et renforcer la confiance des donateurs.

Repenser les parcours autour des personnes, pas des programmes

Les personnes qui sollicitent des services publics ou associatifs arrivent rarement avec un besoin isolé. Difficultés financières, logement, santé, emploi ou accompagnement social sont souvent liés. Pourtant, les services restent largement organisés par programmes : points d’entrée distincts, dossiers peu connectés et informations qui circulent difficilement d’un dispositif à l’autre. 

Pour les bénéficiaires, cela signifie souvent devoir retrouver le bon interlocuteur, répéter leur situation et reconstituer leur parcours à chaque étape.

Cette fragmentation reflète moins la réalité des besoins que la manière dont les dispositifs sont financés, administrés et suivis. Des services existent, mais leur coordination reste difficile, au risque de laisser certains besoins sans réponse et de reporter une partie de cette complexité sur des équipes déjà sous pression.

Une expérience repensée avec l’appui de la technologie peut contribuer à simplifier ces parcours : vérification d’éligibilité ou de statut, prise de rendez-vous, orientation vers les services pertinents. L’IA ouvre de nouvelles possibilités sur ces tâches, mais son rôle doit rester celui d’un facilitateur. 

Pour les situations complexes, 83 % des bénéficiaires privilégient l’accès direct à une personne qualifiée. L’enjeu est donc de réduire les frictions et de mieux faire circuler l’information, tout en préservant l’intervention humaine là où le jugement, la compréhension du contexte et la relation sont essentiels.

À retenir

Des points d’entrée unifiés et des parcours capables d’accompagner les personnes d’un programme à l’autre permettent de réduire la fragmentation des services. L’IA peut absorber les tâches répétitives et faciliter l’orientation, tout en préservant l’intervention humaine là où elle demeure essentielle.

Transformer l’infrastructure en levier d’impact

Les institutions publiques et les organisations à but non lucratif opèrent souvent avec une accumulation de systèmes conçus pour répondre à des programmes, des financeurs ou des obligations spécifiques. Gestion des bénéficiaires, collecte de dons, reporting, outils métiers : chaque nouvelle exigence peut ajouter une couche supplémentaire, sans nécessairement renforcer l’ensemble.

Cette fragmentation a un coût. Elle multiplie les tâches manuelles, limite la circulation de l’information et rend chaque évolution plus complexe.

Dans un contexte de ressources contraintes, l’enjeu n’est donc pas d’ajouter davantage de technologie, mais de construire des fondations suffisamment interopérables et modulaires pour faire évoluer les services sans reconstruire les systèmes à chaque changement de programme ou de financement.

Des données mieux structurées et gouvernées en sont une composante essentielle. Elles permettent de partager l’information entre services, de produire plus facilement les preuves attendues par les financeurs et de créer une base fiable pour de nouveaux usages. 

C’est également une condition préalable au déploiement responsable de l’IA : 58 % des organisations l’utilisent désormais, mais seulement 21 % se sentent préparées à en gérer l’impact.

Dans un secteur où les ressources sont limitées, et où les services et les données sont souvent fragmentés entre programmes, la technologie doit avant tout réduire la complexité, renforcer la continuité des services et permettre aux organisations de s’adapter sans fragiliser ce qui fonctionne déjà.

À retenir

Des systèmes interopérables, des données gouvernées et des architectures capables d’évoluer permettent aux organisations de faire plus avec leurs ressources existantes, tout en préparant de nouveaux usages comme l’IA sans compromettre la confiance.

Conclusion

Les organisations à but non lucratif et les institutions publiques sont déjà des infrastructures essentielles de nos économies et de nos sociétés. L’enjeu est désormais de mieux rendre cette contribution visible, de simplifier l’accès aux services et de disposer des données nécessaires pour en démontrer les résultats. C’est à ces conditions qu’elles pourront renforcer leur légitimité et préserver durablement leurs moyens d’agir.

Chez AREA 17, nous combinons stratégie et craft pour agir sur trois leviers complémentaires :

Rendre la contribution socio-économique visible, en traduisant la mission et les résultats dans des métriques et des formats qui permettent aux financeurs, aux décideurs et aux donateurs d’en mesurer la valeur.

Coordonner les services autour des besoins des personnes, en réduisant la fragmentation des parcours et en créant des expériences capables d’accompagner les bénéficiaires d’un programme à l’autre.

Construire des fondations technologiques plus adaptables, en reliant les systèmes et les données pour simplifier les opérations, faire évoluer les services et déployer l’IA de manière responsable.

Vous faites face à ces défis ? Nous serions ravis d'en discuter.

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