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FinTech and finance
Rapport

Fintech et Finance — Construire la prochaine génération des services financiers

La réalité du marché

Des profits records, une confiance qui s’érode

Le secteur financier génère des profits historiques : 1 200 milliards de dollars en 2024, avec un rendement des fonds propres de 10,3 %. On serait tenté d'y voir un secteur au sommet de sa forme. 

Pourtant, seules 15 % des banques sont valorisées par les marchés comme des entreprises capables de créer durablement de la valeur, contre 67 % dans les autres secteurs. 

Cette fragilité apparaît aussi dans la relation client. Aux États-Unis, la fidélité liée aux comptes courants s'est effondrée, un signal qui dépasse largement le marché américain.

Une transformation revendiquée, mais pas assez profonde

Depuis dix ans, les institutions financières investissent massivement dans leur transformation numérique. Les stratégies IA et les chatbots se multiplient, mais les investisseurs attendent une stratégie précise, étayée par des résultats mesurables. 

Les clients, eux, veulent des parcours fluides d’un canal à l’autre, des réponses rapides et des services capables de résoudre concrètement leurs problèmes.  Lorsque ces attentes ne sont pas satisfaites, ils se tournent vers les fintechs, les wallets et les réseaux de paiement alternatifs.

L’intelligence artificielle amplifie les conséquences de ces choix. Bien déployée, elle peut réduire les coûts de 15 à 20 %. Intégrée à une infrastructure fragmentée, elle peut au contraire éroder les sources de profit jusqu’à 9 %.

La menace est concrète : 5 milliards de dollars de commissions sur les paiements internationaux pourraient être captés par des réseaux de paiements alternatifs d'ici 2028. 

Les fintechs et les services comme Apple Pay et Google Pay s’imposent progressivement sur ces flux grâce à des offres plus ciblées et à des infrastructures à la fois plus modernes et plus souples.

En synthèse, trois freins structurels limitent encore la transformation des acteurs financiers : des marques qui multiplient les promesses de transformation sans en démontrer l’impact ; des expériences fragmentées qui exploitent mal l'IA, augmentent le risque de churn et favorisent la désintermédiation ; des architectures technologiques rigides, complexes et mal documentées, qui compromettent le déploiement à grande échelle des nouveaux moyens de paiement et de l’IA agentique.

Chez AREA 17, nous abordons ces enjeux comme trois dimensions d’un même système : la marque et son positionnement dans l'industrie, l'expérience des utilisateurs à travers les canaux, et les fondations technologiques et organisationnelles qui les rendent possibles.

Passer des promesses de transformation aux preuves d’impact

Les discours du secteur financier privilégient les grandes promesses : "digital-first", "IA-powered", "plateforme de demain"... au détriment de l’impact réel, de la clarté et de l’utilité concrète. La relation avec la banque principale reste pourtant un avantage décisif : celle-ci a trois à quatre fois plus de chances d’être choisie lorsqu’un client recherche un produit supplémentaire. Mais, aux États-Unis, la fidélité liée aux comptes courants est passée de 25 % à 4 % en sept ans. 

Les promesses ne suffisent donc plus à retenir les clients, qui migrent vers les acteurs dont les services sont réellement à la hauteur de leur discours.

Les marchés et les régulateurs convergent vers la même exigence. Les premiers récompensent la précision : des objectifs de valorisation clairs, des économies de coûts mesurables, et un rôle défini dans les écosystèmes financiers. De leur côté, des cadres comme DORA, l'EU AI Act et PSD3, font de la gouvernance, de la transparence et du contrôle des critères explicites de confiance, et non plus de simples obligations réglementaires.

La confiance ne se construit pas sur des promesses, mais sur des preuves. Celles-ci reposent sur des performances démontrées, une gouvernance claire et accessible, et une IA dont les décisions sont comprises et contrôlées. Elle n’est plus un bénéfice abstrait, mais une condition directe de la relation commerciale.

À retenir 

Les institutions financières les plus avancées remplacent les discours génériques sur leur transformation numérique par des résultats mesurables : réduction des coûts, amélioration de la fidélité client, et un positionnement clair dans l'écosystème Open Finance. Elles font également de la conformité, de la transparence et du contrôle de l’IA de facteurs de différenciation, et non de simples obligations réglementaires.

Connecter l’agence, les Apps et l’IA

L'adoption des services bancaires mobiles a bondi de 41 % en 2020 à 63 % en 2024, et 72 % des clients souhaitent accéder à l’ensemble des services bancaires depuis leur mobile. Pourtant, 72 % des ouvertures de comptes courants ont encore lieu en agence. 

Les clients ne choisissent pas entre le physique et le numérique. Ils attendent des parcours continus, dans lesquels les informations et le contexte les suivent d’un canal à l’autre. Une continuité que la plupart des banques ne sont pas encore en mesure d’offrir.

L’intégration actuelle de l’IA explique aussi sa faible adoption dans les services bancaires. Si 51 % des consommateurs utilisent déjà la GenAI dans leur vie quotidienne, seuls 23 % y ont recours pour leurs opérations bancaires. La plupart des dispositifs restent limités à des chatbots assimilables à des FAQ améliorées, plutôt qu’à des outils capables de résoudre un problème de bout en bout. Résultat : seuls 29 % des utilisateurs se déclarent satisfaits. 

Le décalage entre les capacités de l’IA et les services proposés alimente la frustration et conduit les clients à se tourner vers d’autres acteurs, au moment précis où le marché connaît une transformation majeure.

Actuellement, 56 % des américains ont déjà recours aux wallets, et 57 % des entreprises du secteur anticipent que les paiements initiés ou exécutés par des agents IA deviendront courants dans les trois prochaines années. 

Une telle évolution ne change pas seulement la manière d’effectuer un paiement : elle introduit une nouvelle forme de délégation. 

Les utilisateurs devront pouvoir définir ce qu’un agent est autorisé à faire, suivre ses actions et les interrompre. 
L’adoption de ces services dépendra donc de leur simplicité, mais aussi de règles claires, d’une traçabilité complète et d’une maîtrise rigoureuse du risque de fraude.

À retenir 

La refonte des parcours les plus critiques, comme l’ouverture de compte, la gestion des litiges, ou les paiements internationaux, passe par le déploiement d’agents IA capables d’exécuter des actions, et non plus seulement de répondre à des questions. Elle suppose aussi de concevoir dès maintenant ces parcours dans un environnement où les wallets, les agents autonomes et les workflows automatisés deviennent la norme.

Moderniser les fondations pour déployer l’innovation à grande échelle

75 % des budgets IT bancaires sont absorbés par la maintenance des systèmes existants. Cette dépendance au legacy ne pèse pas seulement sur l’efficacité opérationnelle : elle limite directement le déploiement de nouveaux services à grande échelle. 

Les monnaies numériques, les transactions instantanées et l’IA agentique exigent des infrastructures capables de traiter les données en continu, d’orchestrer des services modulaires et d’intégrer rapidement de nouveaux partenaires. Or, de nombreuses banques ne disposent pas encore de ces fondations. 

Si 79% des banques expérimentent les paiements réalisés par des agents IA et 41% proposent des services liés aux crypto actifs, la plupart de ces initiatives reste cantonnée à des pilotes ou à des offres périphériques. 

L’enjeu n’est donc plus de multiplier les expérimentations, mais de pouvoir les industrialiser et de les intégrer au cœur des opérations. 

Dans le même temps, les revenus potentiels s’accumulent et échappent aux acteurs qui tardent à se moderniser. L’open banking pourrait générer 330 milliards de dollars de revenus supplémentaires d'ici 2032. 

Pour capter une part de cette manne, les institutions doivent se doter de systèmes capables de rendre accessibles certaines données et services à des partenaires externes via des interfaces sécurisées et standardisées, tout en contrôlant les accès et les usages.

L’IA peut aussi accélérer la modernisation des systèmes hérités, notamment des applications en COBOL, en cartographiant les dépendances, en documentant les traitements et en identifiant les composants à risque. L’IA aide ainsi à prioriser les travaux, préparer les migrations et automatiser une partie des tests, sans remplacer l’expertise humaine pour les choix d’architecture et la validation.

À retenir 

Les institutions qui construisent un avantage durable font évoluer progressivement leur architecture autour de plateformes modulaires, interopérables et adaptées au cloud. Elles utilisent l’IA pour accélérer cette transition et déploient des cas d’usage de bout en bout, avec des mécanismes de supervision et de gouvernance intégrés dès le départ.

Conclusion

Les promesses de transformation ne suffisent plus. Les institutions qui définiront le prochain cycle seront celles qui sauront démontrer leur impact, proposer des expériences à la hauteur de leur discours et moderniser leurs fondations pour déployer l’innovation à grande échelle. Les autres risquent de voir leurs clients, leurs flux et leurs marges captés par des acteurs plus précis dans leur positionnement, plus cohérents dans leurs expériences et plus rapides dans leur exécution.

Chez AREA 17, nous combinons stratégie, design et technologie pour aider les institutions financières et les fintechs à créer une valeur durable en agissant sur ces trois leviers: 

Passer des promesses de transformation aux preuves d’impact — en remplaçant les discours génériques par des résultats mesurables, en faisant de la conformité, de la transparence et du contrôle de l’IA des facteurs de différenciation, et en définissant un rôle clair dans l'écosystème de l’open finance.

Connecter l’agence, les apps et l’IA — en assurant la continuité des parcours entre les canaux, en remplaçant les chatbots inefficaces par des agents qui agissent, et en concevant pour un monde où wallets et paiements agentiques sont déjà la norme.

Moderniser les fondations pour déployer l’innovation à grande échelle — en faisant évoluer les architectures vers des plateformes modulaires et interopérables, en utilisant l’IA pour accélérer cette transformation et en intégrant dès le départ la supervision et la gouvernance des nouveaux services.

Vous faites face à ces défis ? Nous serions ravis d'en discuter.

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